Viols et meurtres de femmes dans la Somme : un choix politique

Alors que les médias mettent plein feux sur  le maire FN de Béziers, qui lance une campagne d’affichage « humoristique » mettant en scène des meurtres de femmes dans le but de réclamer une ligne locale de TGV, ici c’est silence de mortes. Jusqu’à ce matin de 13 décembre, où le Préfet de la Somme était invité sur France Bleu Picardie pour parler des violences faites aux femmes par chez nous. Pourquoi ? Car nous habitons un des pires départements en la matière.
Comme le relève Jeanne Demilly, du Courrier Picard, « deux homicides, deux tentatives, 108 viols, 2443 interventions… les chiffres des violences faites aux femmes dans la Somme sont catastrophiques ». Le préfet le dit lui même, la Somme « est l’un des pires département en la matière ».  Il existe cependant de véritables disparités entre le monde rural et les villes. Car si Amiens et Abbeville répertorient, à elles deux, deux fois moins d’interventions que dans tout le reste de la Somme, elles enregistrent à l’inverse quatre fois plus de viols et agressions.
Alors, sur le principe, on ne peut qu’être d’accord avec le préfet, quand il nous dit que « la peur doit changer de camp » : « il faut que ces comportements soient réprimés. Mais il faut aussi que les femmes soient mieux informées des aides qui sont proposées et de la prise en charge dont elles peuvent bénéficier ». Il se trouve même qu’il existe des lieux où le personnel – dont c’est la mission – est formé pour assurer cette information, ainsi que pour signaler les situations potentiellement dangereux et accompagner les femmes en danger.  Ca se nomme des « centres médico-sociaux ».
Mais vous faite semblant d’ignorer, M. le préfet Philippe de Meister, que le Conseil départemental de la Somme est précisément en train de les fermer ! 44 fermetures sont encore programmées pour les 5 années à venir. Et si les agressions sont plus souvent signalées dans les villes, c’est aussi parce que les services de proximités qui effectuent un travail de veille sont fermés les uns après les autres. Les chiffres départementaux désastreux des viols et meurtres de femmes sont la conséquence des politiques du conseil départemental et des politiques d’austérité de l’Etat.
Qu’existe t-il pour combler ce vide ? 5 téléphone « grand danger » créés par le département. Comme le relève Jeanne Demilly dans le Courrier Picard, ils n’ont malheureusement pas sauvé la vie « des deux samariennes mortes sous les coups de leurs (ex) conjoints ». La dernière en date s’appelait Noémie Feuilloy, habitait Amiens et a été égorgée par son ancien concubin en rentrant chez elle.

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