Pourquoi nous soutenons Assa Traoré, Sonia Nour et Zoé Desbureaux

En quelques jours, le député François Ruffin, dont Ensemble !80 a soutenu la candidature, a pris deux positions politiques que nous désapprouvons. Si ces deux « affaires », celle d’Assa Traoré et celle de Sonia Nour et Zoé Desbureaux, semblent disjointes, elles relèvent pourtant pour nous toutes deux de combats au cœur de notre projet politique : l’antiracisme et le féminisme. Deux sujets qui nous semblent trop peu pris en compte par notre député.

 

Vérité et justice pour Adama Traoré !

Le 21 septembre à Harfleur lors d’une réunion publique, le député de la Somme est interpelé : peut-il relayer à l’Assemblée nationale les questions sur les circonstances – encore « inconnues » – de la mort d’Adama Traoré, survenue le 19 juillet 2016 ?

Sa réponse : pas pour le moment. Pas sans être « intimement convaincu », sans avoir « mené l’enquête » lui-même et sans que la famille apporte « les preuves ». En ce qui nous concerne, nous n’attendons aucunement de notre député de mener des enquêtes journalistiques mais de relayer les questionnements, inquiétudes et combats de celles et ceux qui quotidiennement sont victimes d’oppressions.

Les institutions ne prennent que trop rarement en compte les problématiques des travailleurs, des femmes ou des non-blancs.  Si nous nous dotons de représentants politiques, c’est précisément pour que notre voix soit portée dans l’espace public ! Dans cette affaire, l’institution judiciaire ne cesse de mentir sur les causes du décès d’Adama Traoré : nous attendons de notre député qu’il réclame, avec nous, la vérité et la justice !

Cette fonction de porte-parolat est pour nous un « service minimum » politique. Quand les morts et les affaires non élucidées se comptent par dizaines dans les quartiers populaires, il n’est plus question de « dysfonctionnement » mais de violences institutionnalisées contre une partie de notre camp social. Cela mérite pour nous une attention particulière aux luttes collectives qui existent sur le sujet, cela mérite une campagne et d’attirer sur le sujet toute l’attention médiatique. En tous cas, cela ne mérite pas le silence qu’y a réservé notre député – alors en campagne – en pleine « affaire Théo » ou encore son refus de prendre position aujourd’hui.

 

Sonia-Zoé : solidarité !

Lundi 2 octobre, une militante communiste poste un message sur les réseaux sociaux à propos des jeunes femmes tuées à Marseille, dans lequel elle fait un parallèle maladroit entre ces meurtres et les meurtres conjugaux. Pour elle, certains commentateurs s’émouvant du sort des deux victimes marseillaises avec des accents féministes sont pourtant bien silencieux quant aux dizaines de victimes annuelles des violences conjugales.

Suite à cela Sonia Nour, connue pour ses engagements féministes et antiracistes, devient la cible de la Fachosphère : insultes sexistes et racistes, menaces de viol ou de meurtre, tout y passe. Cet acharnement n’est pas sans lien avec le fait qu’elle ne soit pas « blanche », et la fachosphère – après Danièle Obono, qui subit un nouvel acharnement, ou encore Christiane Taubira – n’en est pas à son coup d’essai. Quelle que soit la maladresse des propos de la camarade communiste, dans une telle situation la solidarité doit être sans faille !

Solidarité que lui a apporté immédiatement notre camarade amiénoise, Zoé Desbureaux, suppléante du député François Ruffin. Elle est alors elle-même harcelée et menacée. Interrogé sur cette affaire suite aux injonctions du porte-parole du gouvernement, le député Ruffin s’en tient lui à réprouver la forme du message et se désolidariser des propos tenus. En ce qui nous concerne, nous réaffirmons dans cette situation tout notre soutien à Sonia Nour et à Zoé Desbureaux.

 

Étendre notre base sociale

Pour nous, la loyauté politique c’est aussi de dire aux représentant-e-s que nous avons choisis et soutenus quand nous pensons qu’ils font fausse route.

Pour nous, le travail effectué par le député Ruffin sur le terrain des luttes ouvrières est un point d’appui sans pareil, à l’échelle de notre région comme à celle de la France entière.

Mais notre camp social est divers, et l’unifier suppose de le prendre en compte dans sa diversité : ce n’est qu’en menant ce travail d’unification que nous gagnerons, non pas en 2017 en Picardie mais sur la durée et partout ailleurs.

 

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