Pour militer à Amiens, il faut désormais payer !

Difficile de militer à Amiens quand on est un parti politique sans moyens ! Bien qu’ils soient des associations loi 1901, les partis politiques ne sont pas éligibles aux subventionnements publics : leurs seules ressources proviennent des cotisations de leurs membres, des reversements d’élu-e-s ou de leur participation aux élections législatives. Autant dire que pour un mouvement qui entend faire de la lutte électorale un simple élément parmi d’autres de son activité, les ressources sont maigres. Mais avec une solide équipe militante et beaucoup d’engagements bénévoles, militer reste normalement possible grâce aux prêts de salles municipales et au système d’affichage public.

Ce temps est désormais révolu à Amiens. La situation n’était déjà pas glorieuse. Depuis des années, les maigres panneaux d’affichages publics, normalement réservés aux associations sans but lucratifs, sont colonisés par les affichages commerciaux illégaux mais pourtant tolérés par les municipalités successives. Les salles municipales, trop peu nombreuses et pour certaines non chauffées, avaient déjà été rendues payantes le weekend – jours où les militants ne travaillent pas – par la précédente équipe politique dirigeant la ville. Mais depuis peu, elles seront également payantes durant les jours de semaines !

Alors que les pouvoirs publics passent leur temps à regretter la « dépolitisation » des populations, leur manque « d’engagement », comment expliquer ces décisions ? C’est qu’en réalité il s’agit de permettre uniquement aux formes « d’engagements » légitimes de voir le jour : celles qui prennent corps dans les institutions mises en place par les pouvoirs publics (comité de quartier, conseil de jeunes, etc.) ou dans les associations, syndicats et partis politiques dominants (ceux qui disposent de ressources dues à leur représentativité ou à leur « utilité sociale » telles que définie par les règles mises en place par le champ administratif lui-même).

Pour celles et ceux qui ne seraient pas dans les clous, l’engagement devient de plus en plus complexe, en temps comme en moyen. Une politique démocratique prendrait pourtant l’exact contrepied de ces mesures : système d’accès gratuit à l’espace public pour tout-e-s, dispositifs facilitant la prise de responsabilités militantes qu’on soit salarié-e-s du privé comme du public, etc. Mais l’air du temps est à la restriction des libertés publiques, de manière directe (avec la prolongation ad infinitum d’un Etat d’Urgence permettant de surveiller et d’enfermer les militants, ou encore d’interdire les manifestations) ou indirecte (en supprimant les moyens matériels du militantisme).

Seule une réaction des populations peut enrayer cette dynamique autoritaire. Avec les victimes de la répression bien sûr, mais aussi pour permettre le militantisme de tout-e-s. C’est pourquoi Ensemble ! 80 appelle à signer la pétition en ligne mise en place par nos camarades communistes et à participer au rassemblement prévu ce jeudi 12/01 à 17h15 à Mégacité. Comme d’habitude : on ne lâche rien.

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