Le 18 mars : tout-e-s à la Bastille !

A six semaines du 1er tour de l’élection présidentielle, le paysage politique longtemps incertain s’est maintenant à peu près clarifié. Pour autant, l’issue du scrutin est aujourd’hui largement ouverte. De multiples basculements peuvent se produire dans les prochains mois. Des principaux candidats, aucun n’est aujourd’hui assuré de succéder à François Hollande. L’élection de Marine Le Pen comme Présidente de la République n’a jamais été autant redoutée de toutes parts. Mais son arrivée de pouvoir, qui concrétiserait pour la France la sortie de l’euro et la mise en œuvre d’une politique de « préférence nationale » ouvrirait une situation dans le pays et dans toute l’Europe d’un chaos sans précédent. François Fillon, s’appuyant sur un peuple de droite survolté et les réseaux militants de Sens Commun issus des manifestations contre le Mariage pour tous, a réussi à faire du mépris de sa propre parole et des institutions judiciaires, une démonstration de force de sa capacité à ne pas céder. Emmanuel Macron enfin, rassemblant à droite et à gauche, sur la base d’une exaltation enjouée de la concurrence et de la guerre économique tente une recomposition globale de l’échiquier politique.

Dans cette situation, « est-il encore possible de voter à gauche ? » s’interroge le psychanalyste et soutien de Mélenchon, Gérard Miller, en réponse au ralliement de Patrick Braouezec à Emmanuel Macron. Est-il même encore possible de rêver d’une autre gauche pourrait-on dire pour prolonger ce questionnement. L’absence d’accord entre Jean Luc Mélenchon et Benoît Hamon pour une candidature commune de la gauche anti austérité à l’élection présidentielle suscite un désarroi important parmi de nombreuses forces qui soutiennent ces deux candidats. Malgré le mouvement contre la loi travail du printemps 2016, les forces de gauche et écologistes qui cherchaient une alternative à la politique de François Hollande et Manuel Valls n’ont pas trouvé les moyens de construire une démarche commune pour la présidentielle.

Mais cette bataille n’est pas terminée. Le résultat de l’élection présidentielle renforcera la nécessité de travailler à ces convergences, notamment en vue des élections législatives de juin 2017. La nécessité d’une plateforme commune, d’un « pacte pour une alternative à gauche » comme le propose le mouvement Ensemble, doit être discutée et travaillée au plus vite. Ce rassemblement ne pourra se faire sur la base de la plateforme programmatique conclue entre le Parti Socialiste et Europe Écologie. C’est une nouvelle discussion qui doit s’engager pour ouvrir un nouvel horizon de transformation sociale et écologique et marquer une rupture nette avec les politiques libérales telles qu’elles ont été menées par François Hollande et Manuel Valls. Et cela ne se fera pas sans une véritable participation populaire et citoyenne qui s’empare réellement du débat.

La marche pour la VIème République appelée le samedi 18 mars à Bastille par Jean Luc Mélenchon et la France Insoumise et soutenue par Ensemble et le Parti communiste français peut constituer une étape décisive pour débloquer la situation à gauche. L’exigence d’une VIème République et d’une rupture avec le présidentialisme et la confiscation de la démocratie n’a jamais été aussi forte. Plus la participation à cette marche sera massive et large, plus la nécessité d’ouvrir une nouvelle étape se posera. Ce pourrait d’abord être le point de départ d’une nouvelle phase de la campagne de Jean Luc Mélenchon, s’appuyant sur le pluralisme et la diversité des forces qui le soutiennent. La marche du 18 mars pourrait également permettre d’engager un déploiement de la campagne dans une série de grands meetings unitaires régionaux qui démultiplieraient les énergies des forces engagées dans la campagne pour Jean Luc Mélenchon d’ici le 1er tour de l’élection présidentielle. En portant la proposition politique d’une large majorité de gauche et écologiste anti austérité, rassemblant tous ceux à gauche qui partagent cette démarche, les forces qui soutiennent Jean Luc Mélenchon, constitueraient un catalyseur d’un nouveau rassemblement de rupture avec l’Europe libérale et l’austérité. Ce serait une nouvelle surprise dans cette campagne présidentielle qui cette fois susciterait l’espoir pour de millions d’hommes et de femmes dans le pays.

François Calaret

A Amiens et à Abbeville, un bus est affrété par les camarades de la France Insoumise.
Pour Amiens,  22 euros / personne
Pour Abbeville,  17 euros / personne

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