Face à la répression d’Etat, connaitre ses droits

La répression que subissent les travailleurs et les jeunes mobilisés contre la loi El Khomri est d’une intensité rarement atteinte ces dernières années. De l’aveu même des syndicats de policiers, « tout est mis en place pour que ça dégénère« . Les cortèges parisiens sont systématiquement fractionnés par les « forces de l’ordre », qui provoquent les manifestants avant de gazer des pans de cortèges entiers. Même les soi-disant « casseurs » n’enlèvent même plus leurs faux autocollants syndicaux pour procéder aux contrôles et arrestations.

Si ces pratiques sont vieilles comme la police, il est évident qu’il ne s’agit pas là de « dérapages » mais que les fonctionnaires de police agissent sur ordre du ministère de l’Intérieur : l’objectif gouvernemental est de convaincre les familles qui manifestent qu’il vaut mieux, pour leur sécurité, rentrer chez eux. Manuel Valls, qui n’hésite pas à utiliser l’article 49.3 de la constitution au mépris de l’avis de la population comme d’une majorité des députés, s’en prend aussi au droit de manifester.

La violence d’Etat est amplifiée par le contexte d’Etat d’urgence, qui permet d’arrêter les militants et de perquisitionner leur domicile en dehors de toute procédure. À Amiens, les arrestations se sont multipliées cette semaine. Des lycéens sont condamnés à payer plusieurs milliers d’euros d’amendes et à des peines de prison avec sursis, tandis que des étudiant-e-s sont également inculpé-e-s pour « vandalisme ».

Dans ce contexte de répression, et face aux tentatives d’intimidations de la police, il est fondamental de connaitre ses droits dans un contexte de garde à vue. Le syndicat de la magistrature a mis en place un outil efficace dans cet objectif, bien qu’il faille tenir compte des changements liés à l’Etat d’urgence, que vous pourrez retrouver ici : Le guide du manifestant

Et surtout, quelques réflexes sont à connaitre :
1/ apprendre préalablement par coeur le numéro d’un avocat, et demander à le joindre dès le début de la GAV
2/ demander également à voir un médecin afin de faire constater l’absence sur soi de toute blessure ou ecchymose
3/ spécifier que vous refusez toute procédure accélérée, même si on ne vous demande rien
4/ ne déclarer qu’une seule chose : n’avoir rien à déclarer.

 

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